taladoire rectoAprès les sociétés de la Mésoamérique, la découverte de l'Europe par les Américains d'origine (D'Amérique en Europe. Quand les Indiens découvraient l'Ancien Monde (1493-1892), CNRS Éditions), puis un petit arrêt dans le XIXe siècle de l'Intervention française au Mexique sous Napoléon III (Les Contre Guérillas françaises dans les Terres Chaudes du Mexique (1862-67). Des forces spéciales au XIXe siècle. L’Harmattan, Paris ; Pepita, la femme du traître. Gingko, Paris), Eric Taladoire poursuit son parcours dans la longue et riche histoire du Mexique. Cette fois, c'est pour nous plonger dans les péripéties de la révolution mexicaine à l'aube du XXe siècle. Et ce n'est pas pour une énième version d'un sujet dont les quinze pages de bibliographie proposée pourrait faire craindre un caractère de "déjà vu".

taladoire versoSur la foi de la table des matières, par de surprise. De la "pax porfiriana" à la "construction du mythe", le récit se déroule selon le rythme de la chronologie. L'auteur raconte et questionne l'événement. Rien que de très classique a priori. L'intérêt de l'ouvrage est ailleurs, signifié dans sone titre qui met l'accent sur des figures d'anarchistes et de bandits fidèles à la légende ; mais sur les mercenaires, aussi, ces étrangers sur la terre du Mexique. Taladoire s'intéresse aux immigrés venus de tous les horizons, inscrivant son analyse dans le courant de l'histoire globale tel qu'il s'affirme dans l'historiographie de ces dernières années. Plus qu'une préfiguration de la Grande guerre, la Révolution mexicaine est un événement qui interpelle le monde et amène les puissances étrangères (et leurs ressortissants) à s'en mêler. Belle occasion pour le mettre en perspective internationale.

Dans ce cadre, Eric Taladoire dresse la liste (annexe 2) des étrangers présents et/ou impliqués dans la Révolution, 22 pages (327-349) de noms répertoriés qui témoignent de l'authentique caractère transnational de ces sept années de tumulte.