Photo LBP/Bibliothèque municipale de DijonIl y a 150 ans, le 30 octobre 1870, les habitants de Dijon prenaient les armes pour repousser les troupes badoises prenant la ville d'assaut. Les combats menés sur la route de Gray jusqu'à la place Saint-Pierre par des troupes régulières et une partie de la population sont vains. Le bombardement de la ville a raison de la résistance. La République rend toutefois hommage au courage des habitants en attribuant la Légion d'honneur à la ville.

Clerget (Hubert), monument à la défense de DijonLa commune décide au lendemain de la guerre d'élever un monument commémoratif. La première pierre en est posée le 30 octobre 1871. Au sommet d'une colonne conçue par Félix Vionnois, est placée une statue conçue par le sculpteur Paul Cabet. La ville est figurée sous la forme d'une allégorie féminine coiffée d'une couronne crénelée très convenue, mais Cabet rajoute un bonnet phrygien par dessus celle-ci. Ce détail jugé séditieux par le préfet, l'oeuvre est déboulonnée le 21 octobre 1875, cinq jours avant l'inauguration du monument, puis la statue détruite.

800px-Marianne_combattante_par_Paul_CabetEn 1876. C’était l’époque de l’Ordre moral (1873-1876), gouvernement légitimiste du duc de Broglie, sous la présidence du très légitmiste maréchal de Mac-Mahon. La bataille des images faisait rage, écho des combats idéologiques opposant Monarchistes et Républicains.

 

 

 

Source : Les monuments aux morts, université de Lille.

Varley (Karine) : Contesting Concepts of the Nation in Arms: French Memories of the War of 1870-1 in Dijon, 2006.

Wikipédia : Article Paul Cabet

Gallica, dessin de Hubert Clerget.