DSC_0074F. Roux était "fusillier" à la 3e compagnie du 18e bataillon de la garde nationale mobile pendant le siège de Paris en 1870. Comme nombre de ses contemporains, il a publié ses souvenirs de campagne. Mais il l'a fait en 29 planches qui racontent son expérience de façon chronologique, et non sans humour, souvent. Le cas n'est pas exceptionnel. J'ai déjà fait référence sur ce blog aux "souvenirs de l'armée de l'Est" d'Auguste Meylan. Plus riches encore sont les journaux du siège accompagnés de dessins d'Albert Robida d'une part, de Martial Potémont d'autre part. Les souvenirs de F. Roux sont seulement un exemple parmi d'autres, qui apporte ses petites contributions, celles qui donnent de l'humanité à ce genre de témoignage.

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Après la planche d'ouverture figurant le paquetage du "Fusillier", trois planches montrent la transformation du citoyen en garde mobile, ses adieux sur les boulevards (porte de Choisy) et une vue de la redoute "du bord de l'eau" où l'auteur va passer trois semaines (décembre 1870).

DSC_0079La planche 5 montre le "cantonnement" que la compagnie adopte en retrait de la redoute : la villa Fargeas. Charmant cantonnement, qui donne une idée de l'abandon de la banlieue de Paris assiégé. A l'intérieur, les hommes organisent leur coucher et les loisirs des soirées (planche 12). 

DSC_0094Quand ils quittent les lieux, les occupants font l'inventaire. Roux donne sa vision de l'opération et de l'orthographe du camarade Dumanet ! Caricature, bien sûr ; mais les témoignages de l'époque montrent qu'il exagère à peine.

L'hiver est rude, Roux en témoigne : pluie (planche 14), gel et "verre-glas" (planche 7), froid glacial sont le quotidien des malheureux mobiles astreints aux gardes. Les corvées de bois sont une activité cruciale (planches 8 et 17). La chaleur patriotique (planche 16) maintient à peine le moral de la troupe. Le soleil d'Austerlitz n'est pas au rendez-vous (planche 11).

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Le bataillon reçoit finalement l'honneur de participer à la dernière tentative militaire pour briser le blocus : la bataille de Buzenval. Faut-il encore rejoindre les positions de départ de l'attaque, occasion de prendre ses quartiers dans une maison de Courbevoie. Sous le crayon de Roux, toute l'importance des inventaires d'occupation prend soudain son sens brut ! (planche 24)

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L'assaut est donné le 19, la compagnie y laisse au moins un homme (planche 26) et ses dernières illusions, si tant est qu'elle en ait encore entretenues quelques unes (planche 27).

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La capitulation de Paris sonne le glas des espérances françaises. La patrie est vaincue. Les gardes sont rendus à la vie civile, non sans un enthousiasme nouveau qui fait écho à celui du départ, éparpillant partout l'équipement dont le citoyen-soldat fut un instant si fier.

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fin de l'histoire...