Pellet

Petit aperçu sur un document de 1870 : lettre d'un prisonnier de guerre français en Allemagne.

Joseph Pellet, originaire de Roche (Isère) et interné en Silésie, écrit à ses parents le 28 novembre 1870. Il était soldat au 21e régiment de ligne, une unité intégrée à l'armée de Chalons, qui participa aux combats autour de Sedan avant de se replier sur Paris puis sur le Loiret. Peut-être Joseph Pellet a-t-il été fait prisonnier à Sedan, en septembre donc ? Mais d'autres hypothèses sont tout autant plausibles. Le fait qu'il demande à ses parents s'ils ont "fini de semer", opération qui se situe le plus souvent autour du 15 octobre en France, laisserait entendre qu'il a été pris au plus tard à cette date.

Le document ne recèle rien d'historiquement très instructif. Mais il a l'avantage de traduire la vérité du quotidien, sans les mises en perspectives parfois déformantes que recelent souvent les carnets de guerre et, plus encore, les récits de souvenirs. Nous avons là du vécu à l'état brut, "à chaud" ou "en direct", avec toute sa fraîcheur et ce qu'il révèle : la difficile maîtrise de l'orthographe d'un homme issu d'une famille de cultivateurs (information confirmée par les archives départementales de l'Isère et du Dauphiné), le souci de rassurer ses proches et d'en recevoir des nouvelles, celui de recevoir quelques ressources pour survivre en captivité (une information indirecte est ainsi donnée sur les conditions de l'internement et les possibilités qu'il y avait dans certains camps d'acheter de quoi améliorer l'ordinaire), la solidarité entre camarades.

Une lettre prise parmi d'autres, mais assez rare toutefois car, à la différence des carnets de guerre, ces correspondances ont souvent été perdues, précisément parce qu'elles étaient jugées par les familles sans intérêt une fois leur fonction première assurée ou parce qu'elles sont plus facilement égarées au fil du temps et des transmissions entre descendants.

 

Pellet archivesExtrait des archives départementales de l'Isère et du Dauphiné

 

Avec tous mes remerciements à Rolland Sermet qui m'a transmis ces documents et autorisé à les diffuser ici.