Paris pour un beafsteak - chanson historique de France - 1870

Résistance opiniâtre des Parisiens pendant le siège de Paris ? Les faits sont là, indiscutables : du 17 septembre 1870 au 26 janvier 1871, ils ont tenu. Peut-être même auraient-ils pu prolonger l'aventure quelques semaines de plus si on en croit la volonté de poursuivre "la guerre à outrance" exprimée par les insurgés du 18 mars 1871, avant que ceux-ci ne deviennent des Communards ! Peu importe ici. Cet entêtement contraire à la raison tient pour beaucoup à l'intransigeance de l'ennemi. Les conditions énoncées par Bismarck pour mettre un terme à la guerre firent beaucoup pour convaincre les moins enragés de "ne pas céder". Car ce n'est pas faute d'y avoir songé à maintes reprises : le 5 septembre d'abord, au lendemain du désastre de Sedan et la chute de l'Empire qui en résulta ; début novembre ensuite, quand l'annonce de la capitulation de Metz sonna le glas de toutes les espérances d'un secours apporté par l'armée de Bazaine ; début décembre encore, après l'échec de la tentative de sortie menée sur la Marne par le général Ducrot. Chaque fois - les journaux intimes en font foi - les Parisiens ont cédé à la tentation d'accepter la capitulation.

En cela, la chanson écrite le 15 octobre 1870 par Emile Deureux et interprétée un siècle plus tard, en 1971, par Armand Mestral, est une parfaite illustration. Un vrai document qui permet de comprendre l'inconstance des sentiments en contexte. L'image des Parisiens têtes hautes ne cédant jamais est belle. La réalité est plus prosaïque... plus humaine aussi.

 

Pour plus d'informations sur le sujet : Lecaillon (Jean-François), "La perception de la guerre et son impact", 1870, de la guerre à la paix. Strasbourg - Belfort. Sous la direction de Robert Belot. Paris, Hermann, 2013 ; p. 39-47. Sur "l'inconstance des sentiments" évoquée ci-dessus, voir notamment p. 44-45, la séquence Devoir-Humiliation-Soulagement et la manière dont elle "tourne en boucle".