Fournier

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Découvert par hasard, je ne pouvais ignorer cet ouvrage au moment où je m'interroge sur la façon dont les impressionnistes ont porté leurs regards sur les ruines du Paris incendié de 1871. Des analyses intéressantes qui - très indirectement - viennent confirmer mes hypothèses. la réaction des impressionnistes s'inscrit dans une manière très partagée de considérer les marques de la destruction tout en faisant la disctinction entre celles qui relèvent d'un lointain passé pâtiné par le temps, celles plus volontaristes des transformations programmées par le baron Haussmann ou celles plus traumatisantes de l'insurrection révolutionnaire. Il offre une lecture utile pour comprendre comment le regard des peintres s'inscrit dans des mouvements de fond séculaire.

Ce texte ne dit rien, cependant, de la réaction des peintres eux-mêmes, Eric Fournier s'appuyant sur des sources essentiellement littéraires et photographiques. Par ailleurs, l'auteur aborde plus son sujet dans le cadre du temps long (remontant à Diderot, s'appuyant sur Chateaubriand ou Hugo et couvrant tout le XIXe siècle) que celui plus ponctuel des dix années faisant suite aux deux sièges de Paris. Un regret pour moi, une opportunité aussi : celle d'apporter un possible complément à l'analyse.

 

Extrait de la revue de presse au moment de la parution du livre :

...Paris, au lendemain de la Commune, ressemble à une ville fantôme. Pourquoi en est-on arrivé là ? Et, surtout, comment les habitants ont-ils vécu la destruction de la capitale ? C'est à ces deux questions que répond Eric Fournier dans ce livre original, qui relègue à l'arrière-plan la chronique des événements afin de privilégier, dans la lignée des travaux d'Alain Corbin et de Michel de Certeau, une histoire des "expériences sensibles". Pour cela, l'auteur a exhumé des dizaines de témoignages. Des textes d'écrivains et de journalistes hostiles aux insurgés (Théophile Gautier, Maxime du Camp, Edmond de Goncourt, Francisque Sarcey), des souvenirs de communards, mais aussi des journaux intimes et des correspondances écrits par des anonymes au coeur de la mêlée, pour certains totalement inédits...
A travers le rappel de quelques épisodes fameux - les bombardements prussiens de janvier 1871, l'explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp le 17 mai (100 morts), ou encore la destruction de l'hôtel particulier de Thiers situé place Saint-Georges -, il redonne vie aux émotions les plus intimes et les plus fugaces : l'angoisse des nuits d'insomnie, le mélange de joie et d'effroi qui saisit les insurgés chaque fois que brûlent les symboles d'un pouvoir honni, jusqu'à la trouble fascination de certains partisans de l'ordre pour une "poétique des ruines" qui réveille leur sensibilité romantique. (Thomas Wieder - Le Monde du 7 mars 2008)