Bientôt la sortie de Les peintres français et la guerre de 1870.

Puvis de Chavannes y tient une place de choix. Outre ses tableaux du siège comme Le pigeon et Le ballon, de nombreuses oeuvres de cet artiste renvoient explicitement ou non à la guerre franco-prussienne, l'expérience qu'il en retira, ses souvenirs. Citons pêle-mêle Sainte Geneviève ravitaillant Paris, L'espérance nue... ou Le rêve, peut-être. Pour en savoir plus, je renvoie à mon ouvrage.

Deux autres tableaux que je ne cite pas dans ce livre méritent pourtant qu'on s'y arrête dans le cadre d'une réflexion sur la mémoire de 1870 dans les oeuvres des peintres modernes.

En premier lieu, Les jeux patriotiques

 Puvis de Chavannes, Jeux patriotiques

Rien, si ce n'est le titre de cette oeuvre, ne renvoie à l'Année terrible. Des hommes d'une lointaine antiquité qui s'entraînent au lancer du javelot ne sauraient être confondus avec de jeunes mobiles apprenant l'art de la guerre dans les casernes de la République naissante. Un tel rapprochement serait plus que hasardeux... sauf à replacer ce tableau dans le cadre d'une oeuvre où les allusions à 1870 ne sont pas si rares, et dans le contexte de la fin du XIXe marqué par un nationalisme plus ou moins revanchard.

Réalisé en 1896, L'hiver, en revanche, ne manque pas de rappeler celui du rigoureux siège de Paris, quand les habitants en furent réduits à abattre les arbres de la capitale pour se chauffer. Comment ne pas voir dans ce tableau un lointain souvenir de l'artiste, lequel évoqua la question de la famine dans sa Sainte Geneviève ravitaillant Paris réalisée pour décorer le Panthéon ?

Puvis de Chavannes, L'hiver (1896)

Cette scène illustrerait parfaitement l'hiver parisien de 1870-1871