Ten Cate, ruine des Tuileries Les ruines des Tuileries vues depuis le grand bassin

En 1882, ce qu'il reste des Tuileries incendiées pendant la Commune fait débat : faut-il les conserver pour témoigner de la barbarie des révolutionnaires incendiaires, restaurer le bâtîment ou en démanteler les ruines ? L'Assemblée opte finalement pour cette dernière solution et confie le chantier à Achille Picard.

Le peintre néerlandais Siebe Johannes Ten Cate s'empresse alors de fixer sur la toile ce souvenir de l'année terrible. Il réalise au moins trois oeuvres : Les Tuileries sous la neige, Le palais des Tuileries après l’incendie de 1871, vu depuis le jardin du carrousel et une autre version du même site, vu depuis le grand bassin du jardin.

ten Cate, les tuileries sous la neigeContrairement à ses prédecesseurs et amis (Monet, Degas, Sisley, de Nittis, Renoir ou Seurat) qui tous ont traité le même thème des Tuileries avant l'achèvement du chantier en s'ingéniant à ne rien montrer des ruines, Ten Cate ne masque rien de la destruction de l'édifice.

Commentant ces oeuvres pour L'histoire par l'image, Bertrand Tillier écrit : « La lumière matinale qui se reflète dans l’eau du bassin de la Vue des Tuileries du côté du jardin et l’embrasement de la façade par le soleil couchant dans la Vue des Tuileries du côté du Carrousel font de ces œuvres des paysages parisiens purs et montrent que ces ruines ont changé de mobile : leur sens politique et polémique a disparu ou s’est estompé au profit d’une approche poétique. »[1]

Où Tillier confirme l'idée que les impressionnistes n'ont pas peint Les tuileries de façon totalement neutre. Leur mobile pouvait participer des polémiques des années 1870 et avoir un sens politique aujourd'hui oublié.

Ten Cate, ruines des tuileries 2, 1880



[1] In L’histoire par l’image, site de la Réunion des Musées nationaux (RMN), http://www.histoire-image.org